Roman historique

Chikita lit : des histoires épiques

Solène Bauché - Le choix du roi - Chikita lit

Le choix du Roi par Solène Bauché auto-édité chez Librinova, 2018

“C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule !”

Et Chikita, animée par le même esprit de découverte que les pionniers de l’ouest, Pasteur et Magellan réunis, s’y est attaquée… Olé !

Oui ! C’est un roman-fleuve qu’a écrit Solène Bauché. 457 pages historiques que je vous pitche sans attendre (une fois n’est pas coutume) :

“Royaume des Francs, 792. L’heure est grave : Charlemagne vient d’apprendre que son fils d’un premier lit, Pépin le Bossu, a conspiré contre lui. Le roi est loin d’avoir été un père idéal, mais la sentence est sans appel : le jeune traître doit rejoindre un monastère et y demeurer le restant de ses jours. Peu enclin à faire amende honorable et encore moins à devenir un homme de Dieu, Pépin dépérit. L’héritier déchu est loin de se douter que c’est par une entremise des plus inattendues que viendra son salut, avant d’entamer un périlleux voyage vers l’inconnu… “

Solène Bauché, plume courage

“La violence avait toujours fait partie de ma vie. Au lieu de la perpétrer sur les champs de bataille, comme mes frères, je la subissais en silence à l’abri des villas royales.”

Une saga, donc, dans le sens le plus noble du terme, le plus originel. Un récit historique en prose et rapportant la vie, les faits et les gestes d’un personnage digne de mémoire, comme de ses descendants, s’ils le sont également.

Solène Bauché s’attaque ainsi à un monument de l’histoire de France. The roi Carolingien : Charlemagne qui a eu cette idée folle

Sur la forme, également, le récit est épique : prologue, épilogue, trois parties divisées en 62 chapitres et 7 intermèdes. Une péninsule.

Chaque partie est le fait d’un narrateur différent.

C’est le roi lui-même qui ouvre la danse sur fond de je-me-souviens. Sa jeunesse, ses parents, son frère qu’il déteste et surtout, surtout, son premier amour : Himiltrude. La véracité de cette première liaison de Charlemagne est attestée. On ne sait pas trop quels furent les liens exacts qui attachèrent les jeunes gens : mariage, concubinage… Reste qu’il en naquit un enfant bossu : Pépin. Considéré comme illégitime, Pépin ne règnera pas. Ce sont ses frères cadets (et bien portants) qui hériteront de cette responsabilité.

Ca, c’est l’Histoire. Et Solène Bauché s’est largement amusée avec. A Pépin, elle donne une sœur aînée, Amaudra, que le roi “répudiera” en même temps que sa première concubine. Elle grandira dans une cellule monacale avec sa mère tandis que Pépin, tout juste toléré par les nombreuses autres femmes de son père et leurs enfants, sera destiné aux ordres.

Héros vengeurs et remédiations de l’Histoire

Le Choix du Roi, c’est leur histoire. Reniés, mal-aimés, négligés, Pépin et Amaudra, respectivement voix des parties deux et trois, survivront tant bien que mal à leur enfance désastreuse et tenteront de prendre leur envol en marge de l’Histoire de France personnifiée par leur père.

Ce qui ressort de tout ça c’est que Solène Bauché ne s’économise pas. Son texte est d’une générosité indéniable. Tant sur la forme : l’écriture est soignée, rigoureuse, précise, riche. Que sur le fond : les personnages sont largement dépeints, y compris les secondaires, l’intrigue n’est jamais bâclée, les rebondissements sont nombreux, les détours historiques également.

Le contexte est toujours respecté, signe d’un bon roman historique.

Toutefois l’histoire se mérite et de mon point de vue, il faut persévérer un peu pour voir le roman décoller vraiment. Comme si cette première partie était un peu prisonnière du musée de l’Histoire, la voix de Charlemagne peine à s’incarner avec émotion. Le personnage est un peu froid, ses prises de décisions (souvent dures : abandon, massacre…) distanciées.

Non, c’est vraiment avec Pépin que tout commence et que Solène Bauché laisse libre court à son talent. Emois, souffrances, espoir et touches de mystère se succèdent alors et loin du personnage glacé de Charlemagne, ce petit bossu nous emporte avec lui. Amaudra est épatante elle aussi en personnage vengeur.

C’est avec eux, oui, que vient la réjouissance et que Solène telle une Tarantino de l’histoire de France redresse les torts des uns et des autres, des siècles après.

La confrontation finale, comme un cadeau, une récompense après plus de 400 pages est particulièrement émouvante, sans céder à la facilité.

J’ai vraiment bien aimé. Merci beaucoup Solène, pour ton texte et pour ta confiance !

Chikita

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