BD

Chikita lit : des histoires vraies

Badinter - Marie Gloris - Malo Kerfriden

L’abolition : le combat de Robert Badinter par Marie Gloris Bardiaux-Vaïente et Malo Kerfriden paru chez Glénat, 2019

Il y a des fois où il faut se répéter les choses, se les dire, s’en convaincre. Et s’y accrocher, fort. Même si il pourrait nous venir à l’ idée de les contester.

Il y a des choses dont il faut savoir se dire : elles me dépassent. Et les laisser à des gens qui voient mieux et plus loin que les autres. Non, nous ne comprenons pas tous les choses de la même manière. Et parfois, toutes les voix ne se valent pas non plus. Nous avons de grands Hommes et Femmes et il faut savoir leur reconnaître une intelligence des choses, une vision que nous n’avons pas.

Je crois que ces gens là sont très rares et très précieux. Simone Veil en faisait partie. Robert Badinter en fait toujours partie.

Badinter avocat contre la barbarie
badinter par Gloris et Kerfriden - chikita lit

L’histoire commence par un échec : celui de Robert Badinter et Philippe Lemaire à faire gracier Roger Bontems en 1972, condamné à mort pour un meurtre dont il a été le complice mais qu’il n’a pas commis. De là suivra tout le combat de Badinter dans sa lutte contre la peine de mort. Avec en point d’orgue le procès Patrick Henry en 1977 où, certain de la culpabilité de son client, Robert Badinter fait le procès de la guillotine au tribunal. Le tout entremêlé de flash back sur la jeunesse de Robert Badinter, dont les auteurs nous rappellent que celui-ci a vu son père se faire rafler en 1943 sur ordre de Klaus Barbie (le même dont il aura l’occasion, une fois devenu garde des sceaux, de permettre le procès télévisé en 1987).

Une histoire qu’il faut connaître et dont il est capital de se souvenir. Régulièrement. S’en souvenir parce que le chemin intellectuel vers l’idée de l’abolition de la peine de mort n’est pas un chemin aisé. Il doit être constamment rappelé, refait. Ce qui est instinctif c’est de vouloir mettre en pièces les assassins, les meurtriers, les bourreaux d’enfants.

Oui. Mais voilà, certains Hommes, plus grands que nous (Victor Hugo en était), nous ont appris, en leur temps, à contre courant de toute l’opinion publique, à nous accrocher à l’idée que la peine de mort ce n’était qu’un meurtre en plus. Et que l’abolir était la condition sine qua non pour sortir de la barbarie.

En ces temps troublés, merci à Marie Gloris Bardiaux-Vaïente et Malo Kerfriden de nous offrir une occasion de nous en souvenir.

Difficile et indispensable.

Chikita

3 commentaires

  • Sofian

    Bonjour ! Si tu as aimé « L’Abollition » je te conseille alors « L’Execution » dans lequel il relate le procès de Bontems en détails avec toute la palette des sentiments du très jeune avocat de la défense qu’il était à l’epoque, jusqu’à ce verdict terrible qui a fait de lui LE Robert Badinter que l’on connaît. Passionnant ! Bonne lecture et bravo pour ce blog 🙂

    • Chikita

      Merci de ton commentaire ! Oui j’irai voir volontiers ! Ce qui est passionnant avec cette histoire (en tout cas pour moi) c’est comment un homme, tellement ulcéré par ce qu’il était en train de vivre s’est dit à un moment : Ok ce n’est plus possible. Et comment d’un citoyen parmi les autres il s’est transcendé pour devenir un “levier” (je ne vois pas d’autre mot) pour faire bouger toute une société. Lui comme Simone Veil, ont été habités par quelque chose de tellement plus grand qu’eux, qu’ils ont pris tous les risques sociaux (se démarquer, se marginaliser) pour faire aboutir leur combat. Et ce qui est encore plus extraordinaire c’est leur modestie médiatique absolue. D’un point de vue des sciences humaines, (psychologie, sociologie, histoire…) ces gens là sont des êtres complètement fous. Mais peut-être que c’est dû aussi au fait qu’ils aient côtoyé la guerre (sans rien leur enlever), et l’horreur des camps (de plus ou moins près).
      Merci de ton commentaire !
      Chikita

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *