Policier

Chikita lit : des loufoqueries

Pierre Lunère - Escalier B, Paris 12 - Chikita lit

Escalier B, Paris 12 par Pierre Lunère paru chez HarperCollins, 2019

“Comédie policière” : c’est écrit sur la couverture (virtuelle pour le coup, mais très chouette je trouve) de ce livre. Et ça, ça m’a tout de suite attirée.

Normalement je ne suis pas trop polar. L’ambiance commissariat c’est pas vraiment mon truc. Les meurtres, le stress, les courses poursuites, les interrogatoires musclés, le cynisme, la “virilité”, quoi… En gros tout ça me laisse de marbre. Encore plus si c’est glauque. Et ne nous mentons pas certains surenchérissent volontiers dans le glauque… Là, moi, ça me fait carrément flipper (comme dit mon fils de six ans quand il veut montrer à quel point l’école primaire ça l’a changé, tsé).

Bref, à part Vargas, moi le polar…

Mais là pas du tout.

Je ne connaissais rien de ce livre avant de le télécharger. J’ai appris après l’avoir terminé que c’était un deuxième livre, le premier “Dans la loge de l’ange gardien” est paru en 2014 chez Fleuve éditions. Et, que c’était de l’autofiction.

L’aurais-je su, cela aurait-il changé ma façon de voir les choses ? Je ne sais pas, et après tout maintenant, la question ne se pose plus.

Pierre Lunère, beaucoup de cordes, beaucoup d’arcs

Pourquoi est-ce que je me demande ça ? Et bien parce que “Escalier B, Paris 12” c’est l’histoire de Pierre, donc, concierge parisien mais aussi voyant à ses heures, comme en vrai donc aussi, et qui voit débarquer parmi “ses” locataires, une jeune flic provinciale venue du sud. Marion-Lara (j’adore ça, c’est trop bien trouvé) de son prénom, cagole au grand cœur et qui se dit que fréquenter un extralucide ça peut avoir ses avantages :

” Des prostituées chinoises sous la coupe d’un sosie de la Première dame, des kidnappings peu professionnels, des allergies aux cacahuètes qui sentent le meurtre.
Quoi de mieux qu’un peu de voyance pour aider à résoudre les enquêtes ?”

Tout ça est très sympa, et tient presque plus du vaudeville que du polar. Le cadre de l’immeuble créé vite un sentiment de familiarité, l’attention portée aux personnages-locataires, très finement amenés et détaillés, contribue aussi à l’esprit auberge espagnole. Chacun a ses secrets, ses petites manies, et notre bon concierge, râleur et désabusé à souhait mais so tendre, s’occupe de tout ce monde avec un souci fatigué de père-poule.

L’écriture est plutôt fluide, mais ici, ce sont surtout les thèmes et le style qui fonctionnent à merveille, créant une sorte d’ambiance almodovardienne, où se croisent marginaux, femmes puissantes, drames du quotidien et croyances populaires.

L’ensemble est assez long. D’ailleurs, il n’y a pas une enquête unique mais un tissage d’intrigues, de fausses pistes et de petites ou grandes histoires. Pas besoin d’avoir lu le premier livre pour tout comprendre. L’humour et le loufoque sont au rendez-vous. C’est léger, piquant et bienveillant à la fois.

Vraiment, ça j’ai bien aimé !

Merci à NetGalley et HarperCollins de m’avoir permis de découvrir ce titre.

Chikita

2 commentaires

  • EL

    ouh…ouh…Ça donne envie cet immeuble, son concierge extralucide et sa cagole…
    Pourtant moi j’aime les polars… les nordiques… gris dehors et du coup un gris dedans, virant forcément à l’introspection des personnages.
    J’ai dévoré Indridasson et tout Mankell…Parce que la résolution de l’enquête a quelque chose de rassurant. Dans tout ce noir, il y a une forme de lumière et l’humain s’en trouve éclairé !….
    Mais merci pour cette découverte augurant d’un nouveau genre ???
    L’auteur, ne pourrait-t-il pas en écrire un à Reyjavik ? 😉😊
    EL

    • Chikita

      Ahahah, je ne suis pas sûre que ça soit son genre… Et c’est aussi très bien comme ça, il en faut pour tous les goûts non ? 😉

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