• Vulgarisation scientifique

    Chikita lit : des histoires du troisième type

    le vie secrète des arbres - wohlleben - Chikita lit

    La vie secrète des arbres par Peter Wohlleben paru chez Les Arènes, 2017

    Nous savons tellement et si peu à la fois… Je crois qu’on peut dire que l’homme à très longtemps tenté de s’extraire de la Nature. Si longtemps qu’il a fini par s’en persuader totalement. Nous étions à l’image du Créateur (certains plus que d’autres d’ailleurs). Nous n’étions pas comme les autres, comme le reste. La dream team de la planète. Ses maîtres.

    Et puis Jean Baptiste Lamarck et d’autres après lui (Charles Darwin en tête) ont mis un grand coup de pied dans la fourmilière au début du XIXe siècle. En s’intéressant aux espèces éteintes, ils ont élaboré les théories de l’évolution biologique des espèces par la sélection naturelle. Et voilà que dans les systèmes de classification du vivant nous reprenions une place bien plus modeste. Mammifères. Primates. Aïe.

    Si l’égo en a pris un coup (reste souple, te voilà sur la même branche que le vilain babouin…), ç’a été une révolution pour la connaissance du vivant.

    Et je crois aussi que le travail de Peter Wohlleben augure d’une nouvelle révolution… Rien de moins…

    Peter Wohlleben éclaireur des consciences

    “Quand on sait qu’un arbre est sensible à la douleur et a une mémoire, que des parents-arbres vivent avec leurs enfants, on ne peut plus les abattre sans réfléchir ni ravager leur environnement en lançant des bulldozers à l’assaut des sous-bois.”

    Peter Wohllenben est garde forestier, ingénieur diplômé.

    Il grandit à Bonn en Allemagne de l’ouest et travaille pendant une vingtaine d’années à l’office régional des forêts du Land de Rhénanie-Palatinat. Utilisant, comme on le lui avait appris, des techniques conventionnelles de gestion des forêts (abattages, pesticides, machines), il ne peut que constater les dégâts qu’il inflige à ces mêmes forêts.

    C’est la municipalité de Hummel qui lui offre la possibilité de gérer comme il l’entend la forêt de la commune. En deux ans, il en fait une forêt écologique, recevant une certification forestière FSC, attestant d’une gestion forestière durable.

    Voilà comment il conçoit les choses :

    “Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau Internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans…”

    Autant vous dire tout de suite que tout ce qu’avance Wohlleben, est très solidement étayé par les dernières avancées scientifiques. Il s’agit presque plus de vulgarisation scientifique que d’un essai.

    Et c’est très réjouissant. Et en même temps dramatique, car si les arbres peuvent être considérés comme des êtres vivants dotés d’une certaine forme d’intelligence, d’empathie, avec une vie organisée en communauté, en famille, une capacité à communiquer, à ressentir… cela signifie qu’en matière de gestion des espaces naturels nous sommes de sacrés bourreaux !

    Bref une bonne claque ! Reste souple je te dis…

    Chikita