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    Chikita lit : du théâtre

    Christophe Honoré - les débutantes - chikita lit

    Les débutantes par Christophe Honoré paru dans la collection théâtre de l’Ecole des loisirs, 1998

    Il y a quatre ou cinq ans, j’ai été scotchée au canapé, littéralement, par Métamorphoses, long métrage de Christophe Honoré.

    Bon sang, ce type avait fait un film rien que pour moi ! Non ? Mais si ! Tout me parlait là-dedans, du sujet : une adaptation moderne du poème d’Ovide, (allez, la revoici avec sa mythologie…) à sa mise en scène. Des plans aux acteurs (formidable Damien Chapelle qui crève l’écran dans le rôle de Bacchus). Des silences aux maladresses.

    Je ne suis pas certaine de l’universalité de ce film… Mais à moi il m’a eue, pour longtemps. J’avais le sentiment que tout sonnait juste. Mes yeux voyaient vite, mes oreilles comprenaient mieux. Et il me confortait dans ma certitude que la mythologie est d’une modernité absolue et irrémédiable.

    Quant à la forme, j’ai adoré la succession de petits tableaux. Comme autant de petits films à l’intérieur du grand.

    Aussi, quand j’ai mis la main par hasard, il n’y a pas si longtemps, à l’occasion d’une bourse aux livres, sur un exemplaire de la première pièce de théâtre de Christophe Honoré, je me suis fait l’effet d’un vieux hobbit convoitant jalousement son précieux…

    Christophe Honoré, au plus juste des sensations

    “Bien sûr que c’est grave…C’est quoi cette manie, chez les filles, de jamais nous croire ? Vous pensez que c’est facile de s’approcher de vous, de vous tendre la main ? Vous pensez qu’on a envie tout le temps, que la première qui passe on veut l’arrêter, la mettre dans ses bras ? C’est quoi cette manie de nous prendre pour des professionnels… Je suis un débutant moi, je ne connais pas les mots, je ne connais pas les gestes.”

    Et voilà, j’ai de nouveau ressenti le frisson…

    Les débutantes c’est une histoire qui n’en est pas vraiment une. Il y a un pitch, oui, le voici d’ailleurs :

    “Il est bien seul le Petit Frère. Ses parents sont partis, l’ont abandonné, lui et ses sept sœurs. Il a cherché ses parents et il ne les a pas retrouvés. Se fait du souci pour ses sœurs qui perdent la tête, qui rêvent de princes charmants, de grandes histoires d’amour, qui donnent des rendez-vous clandestins. Il ne sait pas à quel point elles s’inventent des histoires dangereuses, des histoires de jeunes filles, de débutantes.”

    Mais attention ce n’est pas le récit que l’on vient chercher ici (on resterait indéniablement sur sa faim). Ce n’est pas le récit mais plutôt le sentiment, la sensation, même. Tout est évoqué, de la folie liée à la perte des parents, aux premiers émois amoureux. La peur de grandir, de l’abandon, les ogres, l’auto-destruction, les baisers, la fugue amoureuse.

    Une pièce pour les filles. Parce que rien n’est plus fragile ni plus fou qu’une jeune fille.

    Chikita