Roman

Chikita lit : des histoires où le pathétique frôle le sublime

Benoït Toccacieli - Mes amis ne savent pas lire - Chikita lit

Mes amis ne savent pas lire par Benoît Toccacieli, auto-édité, 2019

Bon, soyons clairs, chez les auteurs auto-édités, il y a de tout mais il y a aussi de super choses ! Et j’ai eu l’occasion d’en présenter trois ou quatre sur ce blog.

Des textes d’une grande qualité et très authentiques dans leur nature littéraire, qui ne jouent pas la facilité ni le ressort éculé. Qui n’ont pas peur d’être généreux. Bref des textes beaux et touchants.

C’est le cas ici, clairement.

Un long texte en trois parties comme un chemin en trois temps pour le personnage principal, trois temps pour tenter d’exister, de trouver sa place dans le monde.

“On ne souffre pas tant qu’on reste enveloppé dans sa solitude. Il n’y a personne autour, personne à décevoir, personne à faire souffrir. Et personne ne peut nous atteindre non plus.

Mais on ne reste jamais seul éternellement.”

Benoît Toccacieli entre romanesque et fresque sociale

“Mes amis ne savent pas lire” c’est l’histoire de Jean-Philippe, ancien enfant malmené par la vie et qui en a gardé des séquelles à travers un bégaiement stigmatisant. Ayant fui son existence, n’arrivant pas à surmonter la difficulté d’être, il se retrouve à la campagne, dans un petit village isolé, où il mène une vie solitaire faite de lecture et de silence.

C’est sans compter sur une rencontre inattendue et un projet de construction d’autoroute qui mettent en péril sa survie discrète. Acculé, Jean-Philippe devra se confronter, arrêter de rêver sa vie et nouer des relations avec les autres pour tenter de retrouver une place au milieu des vivants. Y parviendra-t-il ?

L’écriture est fine, délicate et sans faux-semblants. Jean-Philippe, personnage extrêmement fragilisé, est à la limite permanente de la rupture. Son immense faiblesse fait de lui un être incapable de tricher. Cette mise à nue, assez déstabilisante je trouve, dans un premier temps, donne pourtant le ton de l’histoire. Une histoire sans fard, sans concession sur son environnement, comme ces descriptions tellement crues sur la vie dans cette campagne paupérisée.

Le tout est émaillé de citations littéraires (le procédé ne m’a personnellement pas vraiment touchée) mais qui s’insèrent avec beaucoup de pertinence le long du texte.

Une histoire triste sur une vie grise, qui ne se laisse pas approcher facilement mais qui connaît de beaux moments de grâce.

Merci beaucoup, Benoît de m’avoir confié votre texte pour pouvoir en parler ici !

Chikita

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