Jeunesse

Chikita lit : des romans faustiens pour la jeunesse

Pour trois jours de bonheur - Akata - Chikita lit

Pour trois jours de bonheur, j’ai vendu le reste de ma vie par Sugaru Miaki, paru chez Akata, 2019

Bon, on va le dire franchement, je suis en mode pré-vacances. Le mois de juin est rituellement monstrueux à gérer et la canicule actuelle ne facilite pas les choses.

So : ce blog est assoiffé et va bientôt tirer sa révérence avant de plonger dans un joli sommeil estival.

Mais avant ça, deux choses : une bonne nouvelle d’abord, à laquelle je consacrerai un prochain billet et une découverte ensuite.

La découverte (pour moi bien sûr, parce que je ne lis que très peu de mangas, que je n’y comprends pas grand chose, mais que quand même je suis curieuse par nature et que la culture japonaise me laisse aussi fascinée que stupéfaite) c’est cette épatante maison d’édition : Akata.

D’abord affiliée à Delcourt, si j’ai tout compris, Akata est devenue indépendante en 2013. Et depuis elle travaille sans relâche à proposer un catalogue pointu pour les amateurs du genre. Et comme moi, je suis vraiment une bille en manga, j’ai repéré une collection de romans young adult : Young Novel. Oui, voilà. Aller lire des romans chez un éditeur de mangas…

Mais attendez, attendez, on reste complètement dans l’immersion culturelle ! Et quand j’ai lu le pitch de “Pour trois jours de bonheur”, je l’avoue, j’ai convoité cette histoire ! Et comme chez Akata ils ont l’air super sympa, c’est très gentiment qu’ils ont accepté que je parle de ce texte ici… Merci pour ça 😉

Akata, passeur culturel

Voilà le pitch : “Saviez-vous qu’il est possible de vendre une partie de sa vie contre une belle somme d’argent ? C’est en tout cas ce qu’a entendu dire Kusonoki, jeune Japonais désabusé qui n’attend plus rien de l’existence. Aussi, un matin, il décide de commettre l’irréparable et se rend au bureau de vente. Surpris, il y apprend que sa vie ne vaut pas grand-chose. Mais peu lui importe… Il choisit de ne conserver que trois mois de sa longévité, et de profiter du peu de temps qu’il lui reste. Mais alors qu’un fatidique compte à rebours est lancé, son quotidien lui réserve soudain de nouveaux rebondissements… Hélas, n’est-il pas trop tard pour réapprendre à vivre ?”

Oui, le ressort est connu… On est sur du bon vieux pacte avec le diable. Mais ce qui est moins connu ici c’est tout l’arrière plan de l’histoire. Je m’explique.

Pour moi, ç’a été une vraie plongée dans un univers inconnu. L’immense solitude du héros d’abord, si jeune et pourtant si désabusé de la vie. La présence très forte de la nature ensuite, mais qui n’est pas la nôtre, avec un superbe passage descriptif sur une constellation de luciole. Et puis ces objets d’un quotidien qui ne nous est pas familier, comme tous ces distributeurs automatiques qui distribuent tout et n’importe quoi…

Ajouté à ça une plume très simple en apparence mais qui ne faiblit pas devant l’exploration des méandres de l’âme et qui se confronte très courageusement à cette question : qu’est-ce qui vaut la peine d’être vécu ?

La réponse, parce qu’il y en a une, évite tous les écueils et les clichés d’une réflexion superficielle pour nous offrir un très joli moment d’émotion.

Un sujet courant donc, mais un traitement inhabituel et de vrais passages réflexifs qui devraient donner à penser à nos jeunes (et moins jeunes).

J’ai beaucoup aimé !

Chikita

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