• Jeunesse

    Chikita lit : des tomes 2 chouettes comme des tomes 1

    Le projet Vanility Tome 2  Marion Salvat - Chikita lit

    Le projet Vanility, Tome 2 par Marion Salvat, paru chez Le Lys Bleu, 2019

    Oui, c’est vrai, c’est un mauvais titre…

    Bad Zoot…

    Haut les cœurs, c’est un mauvais titre mais c’est une bonne histoire !

    Pour ceux qui ont une bonne mémoire – ou qui ont révisé pendant les vacances… – Marion Salvat avait sorti une très, très, très chouette histoire l’année dernière : Le projet Vanility (Tome 1, donc… hum hum).

    Et cette histoire m’avait enthousiasmée. Rappelez-vous, il y était question de ça : “En 2040, la mise au point d’un traitement nommé Centurion permet de guérir bon nombre de maladies jusque là incurables, mais avec pour effet secondaire l’obtention de capacités hors du commun. Un siècle plus tard, la méfiance entre Porteurs du Centurion et Naturels n’a jamais été aussi forte. Après avoir grandi loin du monde moderne, Maxine, jeune Porteur de 16 ans, déménage à Paris où elle découvre cette société divisée dans laquelle elle devra trouver sa place et, aidée de ses nouveaux amis, résoudre le mystère qui entoure la mort de son père.”

    Marion Salvat, constante, régulière et appliquée.

    Dans le tome 2, on parlera plutôt de ça : “Depuis les événements de la tour Prydington, le quotidien de Maxine s’est vu chamboulé : désormais contrainte de vivre chez sa grand-mère, hostile aux Porteurs, elle doit aussi apprendre à contenir le dangereux Vanility. Elle s’appuie sur l’aide de Joachim, Elysha, Lee et du professeur Sirvain, déterminé à tenir sa promesse, pour dissimuler son existence. Mais un danger venu d’Afrique du Sud remet en question la sécurité précaire des Porteurs : la montée en puissance d’un politicien, leader du Mouvement des Originels, bien décidé à établir la suprématie des Naturels. Désormais, les Porteurs doivent se battre pour leur survie… Dans ce contexte explosif, le secret de Maxine pourra-t-il survivre encore longtemps ?”

    Une suite directe de l’histoire, donc. Maxine a un an de plus, elle est en terminale et doit, en plus de son baccalauréat à venir, se préoccuper de gérer le Vanility qu’elle porte en elle, faire face à une société de plus en plus menaçante à l’endroit des porteurs et composer avec l’absence de sa mère, internée en hôpital psychiatrique.

    Heureusement pour elle, il lui reste ses amis et Lee…

    Une bonne histoire, une plume solide

    Sans surprise, l’histoire est toujours aussi agréable à lire. L’écriture est toujours aussi maîtrisée, rigoureuse et très égale. Le texte est impeccable, vraiment fluide et l’on retrouve avec grand plaisir la suite des aventures de Maxine.

    Sur le fond, Marion Salvat réussit un vrai tour de force : écrire en tension du début à la fin de l’histoire.

    L’histoire prend en effet un ton très dur : montée des extrémistes, terrorisme, racisme, faux-hommes providentiels… comme un reflet, peut-être, de notre propre époque. Et Marion maîtrise tout ça vraiment bien. Elle orchestre son petit univers avec beaucoup de maestria, rien n’est éludé, ni la complexité des situations, ni celle des sentiments. Avec beaucoup d’empathie pour chacun de ses personnages (et il y a des petits nouveaux ! ), elle dissèque chaque point de vue, chaque motivation offrant une palette de nuances assez bluffante…

    C’est très prenant, et c’est très juste.

    C’est une histoire sur la peur, de l’autre, de grandir, de la perte, de ses propres capacités. C’est une histoire sur l’adolescence. C’est un tome 2 sur la transition.

    C’est vraiment super. C’est très intelligent.

    Je me répète mais j’aime, vraiment j’aime cette histoire.

    Merci Marion !

    Chikita.

  • Jeunesse

    Chikita lit : de petites pépites

    Le projet vanility Tome 1 - Marion Salvat -Chikita lit

    Le projet Vanility T.1 par Marion Salvat paru chez le Lys Bleu, 2018

    Je sens qu’il est temps que ce blog prenne un -petit- tournant.

    Non, je ne parle pas du plaid sur lequel je pose les livres…

    Je parle de partir à la découverte. Sortir des sentiers battus. S’éloigner des autoroutes. Prendre des chemins de traverse. Se tailler des passages dans des jungles armée d’un vieux coupe-coupe, d’un peu d’eau et de viande séchée. Dormir à la belle étoile. Terrasser des fauves à mains nues pour mieux hurler à la face de la lune…

    Bon. Je m’emballe. J’avais dit : -petit-.

    Alors voilà, je me suis inscrite sur SimPlement.

    Pour aller très vite, SimPlement c’est une plateforme qui met en relation auteurs indépendants (ou édités chez de “petits” éditeurs) et chroniqueurs. Le principe est très intéressant : c’est permettre à un texte qui ne bénéficie pas de moyens de diffusion ultra-puissants, de rencontrer quand même son lectorat.

    Et moi, toujours curieuse, avide de défrichage, j’explore pour vous. Et après de longues heures d’exploration virtuelle (loin des bestioles et de l’effort physique), j’ai trouvé ma première pépite ! (Attention, je n’ai rien découvert ! Le livre de Marion Salvat avait déjà une petite vie bien remplie derrière lui, il avait déjà fait chavirer des cœurs…)

    Marion Salvat, l’honnêteté en bandoulière

    “Le Centurion pouvait guérir les cancers, Alzheimer et toutes les maladies entraînant une dégénérescence du corps, c’était transcendant. Dès les premières preuves de son efficacité, les injections avaient été massives […] mais c’était sans compter sur la nature qui reprit ses droits de la manière la plus surprenante qui soit.”

    “En 2040, la mise au point d’un traitement nommé Centurion permet de guérir bon nombre de maladies jusque là incurables, mais avec pour effet secondaire l’obtention de capacités hors du commun. Un siècle plus tard, la méfiance entre Porteurs du Centurion et Naturels n’a jamais été aussi forte. Après avoir grandi loin du monde moderne, Maxine, jeune Porteur de 16 ans, déménage à Paris où elle découvre cette société divisée dans laquelle elle devra trouver sa place et, aidée de ses nouveaux amis, résoudre le mystère qui entoure la mort de son père.”

    C’est une dystopie, c’est pour la jeunesse et c’est très réussi. Cela tient pour moi à deux raison principales.

    Sur la forme

    Qui dit dystopie, dit futur plus ou moins lointain, plus ou moins post-apocalyptique. Le futur imaginé par Marion Salvat est très crédible. L’histoire se passe dans un peu plus d’un siècle d’ici, ce qui ne suffit pas à nous transporter dans un monde complètement différent du nôtre. L’autrice l’a bien compris, qui a conservé des marqueurs forts de notre société : éducation collective, villes, transports en commun, lieux de consommation, de distraction… Elle joue plutôt sur les progrès scientifiques et techniques : “vaccins génétiques”, écrans souples ou dématérialisés… Le tout est tenu par une plume d’une grande honnêteté. L’écriture est très sérieuse, construite, rigoureuse, appliquée, concernée par son histoire. C’est ainsi que tout ne “devient pas flou” dans les scènes d’action par exemple, et si la fin s’accélère, elle ne se délite pas !

    Sur le fond

    Finalement, tout ce qu’on attend d’une histoire labellisée jeunesse est là. Une initiation d’abord, Maxine (notez le prénom !), jeune héroïne, va devoir se dépasser à plusieurs niveaux. S’ouvrir aux autres, défier l’autorité maternelle, partir à la recherche de son identité pour tenter de se connaître. Elle est entourée pour cela d’une bande de copains, d’un charmant et mystérieux jeune homme et d’une tante farfelue. Les adultes jouent leur rôle d’adultes, les ados sont des ados, bref, les personnages sont solides et attachants.

    Et puis, et puis, il y a quelque chose de très bien analysé ici : ce sont les rapports sociaux entre les groupes et le besoin de domination. Ici, il n’est plus question de racisme ou de lutte des classes (au sens marxiste). Le clivage sociétal s’est déporté et cristallisé sur le Centurion, sorte de vaccin modifiant le génome humain, jusqu’à lui permettre des choses impossibles pour ceux qui n’en bénéficient pas.

    Il y a, par conséquent, ceux qui sont modifiés, et ceux qui ne le sont pas. Et dans chacune des deux populations il y a des dominants, des dominés, des intégristes, des métissés, des qui ont été “injectés” et des qui sont nés comme ça (et ben oui, ça touche le génome… je vous l’ai dit, c’est intelligent et bien réfléchi…). Et ça, ça permet une chose primordiale à Marion Salvat, ça lui permet de nous livrer un récit qui ne tombe pas dans le manichéisme ni dans la facilité.

    Merci Marion, de ta confiance ! J’ai beaucoup aimé, j’attends le deux.

    Chikita